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Essai photo sur Fukushima : le point de vue d'un drone (GALERIE)

Fukushima by Drone - AkihabaraNews.com

L'article suivant, réalisé par Adam Klaptocz de Drone Adventures, a été republié avec la permission de nos collègues chea Robohub.org.

Image principale : point de vue d'un drone sur Hisanohama, dans la préfecture de Fukushima. Le marqueur bleu indique le point de lancement du drone. © Mapbox © OpenStreetMap; Image du drone via SenseflySchéma ci-dessous : reproduit depuis l'Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire français (IRSN 2011)

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Trois années se sont écoulées depuis que l'énorme séisme d'une magnitude de 9.0 et le tsunami qui en a découlé ont détruit de grandes zones de la côte est du Japon et ont rendu la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi inopérante. La vie de beaucoup de familles déplacées n'a, cependant, pas retrouvé son cours normal. Environ 150.000 résidents de la préfecture vivent toujours comme des évacués dans des logements temporaires et beaucoup de villages sont encore trop contaminés pour que les gens y retournent.

Quel est l'état actuel des efforts de reconstruction et de nettoyage ? Drone Adventures a fait équipe avec Taichi Furuhashi, un chercheur du Center for Spatial Information Science de l'université de Tokyo afin d'essayer de répondre à cette question.

Pendant plusieurs jours, nous avons cartographié trois villages de la préfecture de Fukushima : IidateHisanohama et Tomioka.
(Liens vers la galerie disponibles ci-dessous)

Iidate
Bein que relativement éloigné de Fukushima Daiichi, environ 60km au nord-ouest, le village d'Iidate s'est retrouvé en ligne direct sous les vents dominants pendant l'explosion des réacteurs 1, 3 et 4. Il a donc reçu un des plus haut taux de contamination par éléments radioactifs, comme on peut le voir dans le schéma ci-dessus.

En circulant dans le village, nous avons vu des ouvriers manipuler des pelleteuses et des camions, empaqueter la couche de sol contaminé dans de gigantesques sacs plastiques. Le village en lui même est un village fantôme, parce que les habitants n'ont pas encore eu le droit de se réinstaller depuis l'évacuation. Les places de parking sont désormais des dépôts temporaires de sol contaminé, probablement avant qu'il ne soit déplacé vers une zone de stockage permanente (et onéreuse)


Une couche de terre enlevée près d'Iidate, préfecture de Fukushima. 

Nous nous sommes installés dans l'école qui a été soudainement abandonnée durant la catastrophe et où personne n'a mis les pieds depuis. Les classes sont encore pleines de livres, de bureaux et de chaises. Les serres de l'école sont désormais pleines de mauvaises herbes et les pots en plastiques ont probablement été renversés par des sangliers de passage.

 

Nous avons lancé deux vols de nos drones depuis le terrain de baseball de l'école et un troisième depuis une rizière relativement proche, et nous avons pu cartographier l'ensemble du village, des champs avoisinants et des forêts environnantes. Les piles de sol contaminé sont facilement visible vues du ciel.


Point de vue d'un drone sur le village d'Iidate, préfecture de Fukushima. Les marqueurs bleus indiquent : 1) l'école d'Iidate, point de lancement n°1 2) le village d'Iidate, point de lancement n°2; 3) le stockate de sol contaminé : des piles de terre temporairement stockées sur des parking attendant leur enlèvement. © Mapbox © OpenStreetMap

Hisanohama
Hisanohama est un village environ 30km au sud de Fukushima Daiichi, juste en dehors de la zone d'exclusion. Les dégâts du séisme ont pour la plupart été réparés et certaines personnes ont regagné leurs habitations. Les dégâts du tsunami en revanche sont une autre histoire : les zones basses près de la mer ont été rasées. Les débris ont été enlevés et ce qui reste sont les fondations des maisons détruites ainsi qu'un sanctuaire qui était un peu surélevé par rapport aux maisons (vous pouvez vous rendre compte de la désolation de la zone côtière d'Hisanohama via ce Gigapan © MAPconcierge/GigaPan.jp CC BY.)


Hisanohama, préfecture de Fukushima. Un sanctuaire isolé, seul bâtiment restant au milieu des ruines.

Nous avons réalisé deux vols au-dessus du village et créé ainsi une carte à jour des zones touchées par le tsunami. C'est particulièrement intéressant de voir la différence entre la carte satellite de MapBox et nos données : il est possible de voir la progression des efforts de nettoyage. Ces données ont depuis été données à la municipalité pour les aider dans leurs efforts de reconstruction.

Tomioka 
Tomioka est ce qui s'approche le plus d'un terre en friche suite à une catastrophe nucléaire. Le village se situe sur la côte, seulement 10km au sud de Fukushima Daiichi, et n'a pas encore été nettoyé des dégâts du tremblement de terre de Tohoku et du tsunami qui lui a succédé.

Des immeubles à moitié effondrés sont encerclés par des lignes éléctriques affalées et par les débris repoussés par les vagues. Des voitures retournées jonchent les rues, des herbes folles poussent à travers les fenêtres briésées... C'est intéressant de voir à quelle vitesse la nature reprend ses droits sur la civilisation quand on la laisse faire (cliquez ici pour voir un autre GigaPan incroyable qui montre la désolation en haute résolution © MAPconcierge/GigaPan.jp CC BY).


Ce qu'il reste de la gare de Tamioka. 

Nous nous sommes installés sur le parking de la gare de Tomioka dont les rails ont été envahis de mauvaises herbes et bloqués par quelques voitures. Nous avons lancé deux vols pour cartographier le village tout en restant juste à la limite des zones aériennes des centrales au nord et au sud du village.

 

Vu l'étendue des dégâts et de la contamination, Tomioka pourrait ne jamais redevenir le village qu'il était. Les derniers projets en date du gouvernement sont de le transformer en zone de stockage pour le sol contaminé.

Alors que nous remballions notre matériel avant de partir, un petit tremblement de terre a secoué le sol. La radio a annoncé qu'aucun tsunami ne devait arriver... pour cette fois. C'était une petite piqûre de rappel qui nous montre que malgré nos efforts depuis le désastre d'il y a trois ans, le Japon reste à la merci de la ligne de fracture sur laquelle il s'est construit.

Les données collectées durant notre mission ont d'abord été présentée par notre partenaire Taichi au gouvernement japonais et aux membres des autorités locales des zones sinistrées à la Geospatial Expo qui a eu lieu à Tokyo en novembre dernier. Ces travaux ont depuis été présentés lors d'autres conférences dont le Race for Resilience – DRM Hackathon et à la Recovering Symposium à Sendai par la TOYOTA Foundation

Nous avons utilisé des drones senseFly eBee pour cartographier et le logiciel Pix4Dmapper pour traiter les données et la génération otrhomosaïque. Nous souhaitons remercier nos amis de chez Mapbox pour l'hébergement des données et Arnaud Vandecasteele de GeoTribu pour son aide avec le traitement des données de Tomioka. 

Galerie (avec 32 photos supplémentaires) :

Hi-Res sur Flickr:

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Cet article a été publié sur Robohub.org, via Drone Adventures.

Source: 

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