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Le point de vue de Terrie : neuf nouvelles tendances au Japon en 2014, des déficits records, le GNL, des îles nationalisées et la chaîne Tune Hotels

Terrie's Take - AkihabaraNews.com

Le point de vue de Terrie est une sélection de news centrées sur le Japon collectées et revues par le professionnel des médias Terrie Lloyd. AkihabaraNews est heureux de vous présenter l'opinion éclairée de Terrie : nous avons tous besoin d'un autre point de vue sur l'actualité, voici celui de Terrie.

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Le point de vue de Terrie du 20 janvier 2014

Le sujet principal :

  • Neuf nouvelles tendances pour 2014

Les brèves :

  • Un déficit record de la balance courante en novembre
  • La JGC co-remporte le gros projet canadien de GNL
  • Rassembler 280 îles sous le drapeau national
  • L'exploitant des hôtels budgets Tune Hotels envisage de construire 20 nouveaux hôtels au Japon


Neuf nouvelles tendance pour 2014
Bienvenue à la première édition du point de vue de Terrie de 2014. Comme d'habitude, nous allons jeter un oeil vers le futur et nous demander quelles tendances ou quels macro-développements pourraient arriver et quels impacts ils auront sur les affaires au Japon. Bien que la prédiction soit un art davantage maîtrisé par des singes lanceurs de fléchettes, nous adorons néanmoins les spéculations et nous comptons bien les partager avec nos lecteurs.

1. Le conflit avec la Chine au sujet des îles Senkaku
On peut se demander ce qui peut bien se cacher derrière les tensions entre le Japon et la Chine au sujet des îles Senkaku/Diaoyu. En surface c'est au sujet des ressources pétrolières et de la fierté nationale, et peut-être qu'il n'y a que ça. Mais en profondeur en revanche, peut-être qu'il y a une dimension politique globale qui ne demande qu'à être exprimée clairement, où le Japon n'est qu'un pion. Si le conflit a pour raison le pétrole et la fierté, alors cela peut escalader rapidement et brièvement. Le patriotisme, la forme la plus meurtrière de fierté, existe en abondance dans les forces armées des deux pays (sinon, pourquoi les gens s'engageraient-ils en temps de paix ?) et compte tenu du fait que la source initiale du conflit sera une épreuve de force entre les forces aériennes ou la marine japonaise et chinoise, nous pouvons raisonnablement imaginer qu'une erreur de jugement n'est pas loin. La question, cependant, est non pas de savoir s'il y aura escalade, mais surtout de savoir jusqu'où elle ira ? 

Jusqu'à récemment les japonais pensaient que leurs revendications territoriales seraient soutenues par la communauté internationale tandis que leurs objectifs militaires seraient eux soutenus plus spécifiquement par les USA. Cependant, un sondage annuel du gouvernement japonais (http://www.mofa.go.jp/files/000022801.pdf) a révélé l'année dernière que l'opinion publique des USA avait évolué vers l' idée que le Japon se devait de gérer sa propre sécurité. Le résultat a été apparemment choquant pour les japonais qui voient les USA comme un grand frère en terme de relation de sécurité, mais a aussi offert au gouvernement Abe l'impulsion nécessaire pour que le Japon reconstruise son armée et joue un rôle plus affirmé sur la scène internationale.

S'il y a une escalade, nous ne la voyons pas se transformer en guerre ouverte. A la place, nous pensons que les chinois occuperont rapidement les îles Senkaku et y construiront des installations, forçant ainsi les japonais vers l'humiliation de battre en retraite. Même si le Japon envoie des hommes sur les îles Senkaku avant une telle escalade, les chinois les envahiraient quand même, capturant les forces armées japonaises en place et les jugeant en cours martiale à Pékin, faisant écho à ce qui est arrivé au pêcheur chinois qui a été jugé au Japon il y a quelques années. Encore une fois, par "invasion" nous ne parlons pas juste d'un aspect militaire. Nous pensons que les chinois seront plus imaginatifs avec par exemple des flotilles de contestataires sur les îles afin de provoquer une réponse du Japon, après quoi les chinois pourraient agir militairement afin de "secourir" leurs citoyens.

S'il y avait une telle confrontation, nous supposons que le reste du monde condamnerait fermement la Chine mais ne ferait rien d'autre à cause de leur dépendance collective aux usines et investissements chinois. Cela mettra d'autant plus en avant une nouvelle réalité : le Japon est tout seul. Quelle est la probabilité pour qu'un tel conflit arrive ? Nous aimerions dire "faible" mais la logique dicte que si la Chine devait prendre le risque et faire le premier pas, elle devrait le faire cette année pendant que le Japon est encore vulnérable militairement parlant et pas encore assez organisé politiquement pour répondre efficacement à une annexation des îles Senkoku. Plus la Chine attend, plus il y a de chance pour que le Japon réplique, causant ainsi une polarisation du monde développé et un accroissement des embargo et des actions de représailles.

2. Une baisse plus importante qu'estimée dans les dépenses des consommateurs
Il n'y a pas besoin d'être ingénieur pour imaginer que l'accroissement de la taxe sur la consommation du pays de 5% à 8% en avril va faire réfléchir les consommateurs et les pousser à moins acheter. Abe mise sur le fait que les gens seront suffisamment optimistes pour que quelques mois après la hausse, ils soient suffisamment dynamisés par "les esprits animaux" pour oublier le coût et reprennent une consommation normale en investissant localement. Le problème est qu'avec 31% des foyers japonais qui n'ont pas d'économies, toute augmentation du coût de la vie va se répercuter droit sur leurs budgets sans aucune des contreparties positives que l'inflation provoque généralement comme une hausse des intérêts sur vos livrets ou une augmentation de la valeur de vos actions. Cela va créer encore plus de souffrance malgré les maigres gestes réalisés pour le gouvernement afin de pouvoir dire qu'il aide les pauvres.

De plus, parmi les 40 millions de personnes avec un emploi stable, moins de 20% d'entre elles travaillent pour les entreprises qui bénéficient le plus de l'économie selon Abe, à savoir les exportateurs. Les autres auront de petites augmentations, voire pas du tout, en 2014 et feront l'expérience d'une diminution perceptible du niveau de vie tandis que l'économie propre à leur secteur d'activité devient plus compliquée. C'est probablement juste de dire que ceux qui seront le plus touchés par l'économie selon Abe seront les jeunes familles et les personnes âgées. Pour ces dernières, la pression les conduira à vendre leurs possessions à cause d'une dure réalité : ne plus avoir assez de main d'oeuvre active pour subvenir à leur catégorie d'âge. Cependant il n'y a pas non plus d'échappatoire pour les jeunes familles. Du coup, elles feront sans. Si vous avez des actions dans les entreprises qui fabriquent de l'habillement pour enfants ou dans des écoles de bachotage, c'est peut-être le bon moment pour les vendre.

3. Les scandales du LDP referont surface ?
Comme résultat de la baisse de la consommation, l'entente entre Abe et la plupart des citoyens devrait arriver à son terme à l'été-automne 2014, et ses aventures politiques seront davantage polarisées. Les médias suivront le changement d'humeur du public et commenceront à remuer la boue. Si l'on se base sur la théorie selon laquelle les mauvaises habitudes ont la vie dure, nous ne serions pas surpris que le LDP se retrouve pris la main dans le sac et au coeur des scandales d'ici la fin de l'année 2014, comme au bon vieux temps. D'où viendront ces scandales ? Comme d'habitude, il suffit de regarder où va l'argent : vers l'avidité et le pouvoir. Dans le cas de l'économie selon Abe, ça sera vers le BOJ, le DBJ et les autres banques et fonds contrôlés par le gouvernement, l'industrie du nucléaire, du bâtiment et surtout l'aide humanitaire pour Tohoku ainsi que les Jeux Olympiques, de même que les dépenses militaires. Dans tous ces secteurs, on trouve des coins sacrément sombres.

Le problème, bien entendu, c'est que maintenant il y a une loi du secret et que les détails des plus grosses affaires seront placés sous clef, permettant aux politiciens de contrôler quelles informations iront aux médias et lesquelles resteront sous le sceau du secret, et ce jusqu'à ce que les auteurs soient décédés depuis longtemps. Cela dit, nous nous demandons si la loi du secret japonaise pourrait être imposée à l'étranger ? Probablement pas. Donc nous allons ajouter une autre mini prédiction : les journalistes qui remuent la boue enverront leurs histoires à leurs collègues occidentaux afin d'être sûrs que leurs histoires soient publiées.

4. Le scandale du cancer chez les enfants de Fukushima
En dehors des scandales monétaires, nous pensons qu'une autre source d'image négative pour le gouvernement sera la santé, et plus particulièrement celle des enfants de Fukushima. Déjà maintenant, des bilans de santé révèlent des taux anormalement élevés (plusieurs dizaines de fois supérieurs chez 59 enfants et adolescents sur 239.000 testés) de cancer de la thyroïde dans la préfecture de Fukushima. Cela va à l'encontre de ce que le gouvernement et les autorités locales annoncent, à savoir qu'il est trop tôt pour que de tels cancers se manifestent et que c'est probablement une incohérence statistique.

Ou, et personne ne le dit, peut-être que ces enfants ont été affectés par la centrale de Daiichi des années avant le désastre ? Dans les deux cas, les familles avec des enfants qui ont décidé de faire confiance au gouvernement et de rester dans la préfecture de Fukushima après que la centrale ait explosé doivent regretter leur décision maintenant. Plus le temps passe plus il devient évident que, qu'il y ait ou pas une autre vague de victimes façon Minamata, les décisionnaires se défausseront de leurs responsabilités et laisseront les familles touchées porter leur cas dans les tribunaux, ce qui prendra des années ou des décennies. Peut-être que quelqu'un dira pardon en 2061. C'est le temps qu'il a fallu (50 ans) pour que le premier ministre Junichiro Koizumi, en 2006, adresse les premières excuses officielles aux victimes de Minamata.

5. Une amélioration continue dans le secteur du tourisme
Perdre la Chine et gagner un marché alternatif. La stratégie "China-plus One" a été à l'origine mise en place par les fabricants japonais tentant de se libérer de leur dépendance à la Chine, mais elle est aussi désormais appliquée à d'autres secteurs comme l'exportation de biens de consommation, l'importation de nourriture et le tourisme. Donc tandis que le nombre de touristes en provenance de Chine souffre toujours (mais de moins en moins) des tensions au sujet des îles Senkaku, le gouvernement a décidé d'ouvrir les vannes pour le tourisme du sud-est asiatique en abandonnant les restrictions de visa qui existaient jusqu'à maintenant. Le gouvernement à évidemment calculé que la menace de quelques milliers de personnes dépassant la date prévue de retour était largement contrebalancée par les dépenses des touristes et l'indépendance par rapport à la Chine. Depuis juillet dernier, l'entrée facilitée sur le territoire a été mise en place pour les thaïlandais et les malaisiens. Résultat : les thaïlandais ont commencé à arriver au Japon au rythme de 50.000 à 60.000 par mois (61300 en octobre 2013), ce qui est une augmentation significative du volume et qui place la Thaïlande comme 5ème source de provenance de tourisme juste après Hong Kong.

Cette année, il y a des chances pour que ce soit le tour du Vietnam et de l'Indonésie, et dans le cas de l'Indonésie, c'est une population de 247 millions d'habitants qui se retrouve ainsi débloquée, soit davantage que tout le reste du sud-est asiatique combiné. Compte-tenu du fait que la Thaïlande offrira au Japon environ un demi-million de touristes dans l'année (depuis les facilités d'obtention du visa) jusqu'à juin. Ensuite l'Indonésie contribuera avec jusqu'à 4 ou 5 fois ce nombre. Cette action simple mais efficace permet au gouvernement d'accroître le tourisme d'un surprenant 20% par an. Bien que les chiffres soient encore petits par rapport à d'autres industries, les recettes seront tout de même les bienvenues pour les économistes du gouvernement.

Ces nombres vont aussi stimuler la construction d'hôtels, et plus important encore aider à attirer les firmes étrangères. Nous pensons que c'est important, parce que comme les stations de ski de Niseko et de Hakuba le montrent, la présence d'exploitants étrangers change complètement l'attrait des destinations pour les touristes étrangers. Elle rend les destinations largement plus accessibles et moins intimidantes. La présence d'un nombre accru d'hôtels permettra d'augmenter le nombre d'exploitants qui diversifieront l'expérience du tourisme au Japon, et augmentera les chances pour qu'un touriste revienne pour un autre séjour. Pensez au canyoning (rafting en hiver) à Gunma, aux tours aventures guidés, au vélo, aux séjours traditionnels uniques et aux autres expériences...

6. Des fusion-acquisition (M&A) plus larges stimulées par des taux d'intérêts plus faibles
Depuis le Lehman Shock, les compagnies japonaises qui se sont lancées dans le M&A avant décembre 2012 se sont retrouvées avec des économies de 30% par rapport à 2013 grâce à la valeur forte (et temporaire) du yen. Coïncidant avec la remise à zéro du yen par Abe en 2013, l'activité des M&A en 2013 a chuté d'environ 50%. Cependant, nous ne pensons pas que c'est la faiblesse du yen qui a causé cette diminution dans la signature des contrats mais qu'il s'agit davantage du timing qui a voulu ça, à cause de l'inévitable laps de temps entre les premiers a essayer et la généralisation. Il faut se souvenir que les compagnies japonaises ne sont pas particulièrement opportunistes et qu'elles n'achètent pas les compagnies étrangères juste parce que le cours du yen leur est favorable.

Ce qu'elles recherchent à la place ce sont des revenus futurs. Pourquoi ? Parce que les revenus ont beaucoup de chance de diminuer au Japon à moyen et long terme, et parce que la monnaie est encore faible. Pour cette raison, les japonais aiment acheter des firmes rentables, qui ne sont pas en détresse financière, et le prix à payer se justifie avec de simples mathématiques comptables. Une entreprise rentable étrangère moyenne produit 2 à 3 fois le retour sur capitaux investis d'une entreprise japonaise similaire sur le marché local, majoritairement parce que les firmes étrangères sont plus efficaces et se concentrent sur les profits. Au Japon, la politique d'entreprise et l'esprit "l'entreprise est comme une famille" veut que davantage d'argent soit investi dans les frais généraux que dans d'autres cultures d'entreprises. N'oublions pas non plus que les compagnies japonaises obtiennent leurs fonds à 1% ou moins par an et que le remboursement des prêts peut s'étaler sur 10 ans ou plus. Donc si la cible de votre M&A fait environ 10% de bénéfice avant intérêts et impôts (BAII) annuellement, alors l'acheter pour 1% d'intérêts sur les nouvelles entrées d'argents tombe sous le sens. En fait, la fréquence à laquelle vous signerez des contrats sera davantage un signe de confiance de votre banque, et de votre confiance dans votre capacité à gérer des étrangers.

7. Les M&A comme politique gouvernementale
En lien avec la prédiction précédente, nous pensons aussi que cette année certaines M&A japonaises seront effectuées de concert avec le gouvernement plutôt que du fait de l'entreprise faisant l'acquisition. De la même façon que le Japon a mis en place un système d'aide pour certaines entreprises par le passé, nous pensons qu'une façon de penser similaire va émerger au sujet des M&A internationales et que le gouvernement choisira des compagnies qui ne pourront survivre QUE grâce à des M&A à l'étranger. Il offrira alors son expertise et les moyens financiers permettant l'opération. Stratégiquement parlant, l'idée serait d'éviter qu'un étranger, particulièrement un chinois, ne saute sur les entreprises internationales désirables. Le gouvernement achète déjà des actions publiques, alors pourquoi ne pas étendre ce mandat en offrant recherche, support logistique et prêts faciles pour continuer sur la route des M&A ?

Même si nous savons qu'aucun gouvernement occidental ne réalise une approche aussi délibérée et calculée des marchés, les fonds souverains sont la preuve qu'ils pensent avoir un rôle à jouer sur ces mêmes marchés. Il faut quand même que le Japon soit prudent pour ne pas être vu comme une menace monopolistique par ses alliés ou il pourrait avoir à endurer à nouveau le dénigrement anti-japonais des années 80. D'où viendront les gros contrats ? Nous nous attendons à ce que des M&A interviennent dans les grands secteurs de l'exportation (automobile, alimentation, grande distribution) ainsi que dans le secteur des services qui bénéficient de l'économie selon Abe comme le bancaire, le bâtiment, l'immobilier et la science.

8. Le TPP passe mais sera affaibli 
Une des prédictions où nous avons eu faux l'année dernière a été celle où nous disions que le Japon ne rejoindrait pas les discussions au sujet du TPP. Nous avions pris les choses pour argent comptant et avions imaginé que le Japon n'arriverait pas à prendre de la vitesse tout seul. Nous n'avions pas pensé au fait que les USA voudraient la présence du Japon, ni que le premier ministre Abe pourrait garder sa propre circonscription au calme. Notre idée, c'est que de "gros contrats" secrets ont été signés pour que le Japon rejoigne les discussions au sujet du TPP. Maintenant, et comme avec beaucoup de contrats, les compromis qui en résultent pourraient signifier que le TPP s'en trouve largement affaibli et qu'il sera une grande déception pour la plupart des autres pays membres. Mais les miettes sont toujours mieux que rien.

Le TPP sera, cependant, un cadeau politique au premier ministre Abe puisqu'il pourra mettre en place diverses réformes impopulaires dans l'agriculture et dans d'autres secteurs tout en pointant du doigt et en disant : "les étrangers m'ont obligé". Les tensions avec la Chine sont là pour aider puisque le membres du lobby conservateur sont désormais déchirés entre préserver leur style de vie et par le futur peut-être tout simplement préserver leurs vies. Le Japon a besoin des forces armées américaines pour le moment et personne ne le nie, donc si les USA veulent obtenir certaines concessions, alors c'est comme ça que ça sera.

9. La commercialisation de cellules souches
Imaginez pouvoir retrouver votre vue quand vous avez plus de 50 ans et que votre docteur vous a annoncé que vous deviendrez aveugle dans les 4 à 6 mois ? Combien seriez-vous, en tant que personne âgée avec des biens personnels substantiels (tout du moins typiquement au Japon), prêt à payer pour retrouver la vue ? 100.000$ ? Plus ? Ok, voilà une autre question : qu'en est-il de ces patients qui ne sont pas très riches ? Est-ce qu'ils auront des subventions gouvernementales pour obtenir de la médecine régénérative ? Ou est-ce que les procédures pour les maladies qui ne menacent pas votre vie seront classifiées comme non-essentielles et seront réservées au riches ?

Voilà le type de questions difficiles qui vont arriver au Japon dans les dix prochaines années alors que la recherche sur les cellules souches adultes s'accélère. A la fin de l'année dernière, le gouvernement a autorisé Riken à lancer des essais cliniques avec des thérapies à base de cellules souches pour réparer la dégénérescence maculaire. Le consensus est que les techniques sont désormais établies et prévisibles et la peur des chirurgies ratées et des tumeurs inattendues diminue. Nous prédisons que non seulement la régénération oculaire, mais aussi de nombreux autres organes sera annoncée durant les 12 prochains mois. En plus de ces percées scientifiques, nous pensons qu'il y aura aussi un réseau de jeunes entreprises qui expliqueront pourquoi Abe a annoncé l'année dernière que son gouvernement pourrait potentiellement investir plus d'un milliard de dollars dans ce domaine. En gros, les japonais sont sur le point de créer un tout nouveau secteur industriel où la science et la technologie, et non pas juste le coût de la main d'oeuvre, offriront à la nation un avantage compétitif.

Un déficit record de la balance courante en novembre
Un des indicateurs phares de la santé économique du Japon, le déficit de la balance courante, a atteint un nouveau record de 592.8 milliars de JPY en novembre 2013, principalement à cause d'une valeur du yen plus faible et des importations records de pétrole pour faire tourner le Japon en attendant qu'une décision soit prise sur la remise en route des 50+ réacteurs nucléaires. Les experts disent que ce déficit est viable pendant encore quelques temps à cause du surplus de recettes venant de l'étranger, mais si cela continue, cela pourrait ébranler la confiance des investisseurs sur la solvabilité du Japon. (Source : commentaire de TT dde bloomberg.com, 14 janvier 2014)

[TT : Investopedia.com : le 'déficit de la balance courante' est la mesure du commerce d'un pays où la valeur des biens et des services importés excède la valeur des biens et des services exportés.]

La JGC co-remporte un gros projet canadien de GNL
La compagnie JGC a annoncé avoir co-remporté un gros contrat avec U.S. Fluor afin de construire et d'exploiter une usine de gaz GNL au Canada. Le contrat a une valeur de 9.4 milliards de dollars et est pour Chevron Canada sur le site de Kitimat en Colombie-Britannique. Une fois la centrale mise en place, elle devrait produire 11 millions de tonnes de LNG annuellement. Kitmat devrait devenir une ressource importante pour le Japon, le plus grand consommateur au monde de GNL. (Source : commentaire de TT de hurriyetdailynews.com, 14 janvier 2014)

Rassembler 280 îles sous le drapeau national 
Le Japon a décidé de nationaliser près de 280 îles dont la propriété est inconnue et qui déterminent les revendications des eaux territoriales du pays. Tandis que certaines des îles sont inhabitées, la plupart ne le sont pas, et les propriétaires historiques sont dans beaucoup de cas inconnus. Apparemment près de 500 îles servent comment point d'ancrage pour déterminer les eaux territoriales japonaises. Seulement 160 des 280 îles en question ont des noms et le gouvernement envisage de donner des noms aux autres. ***Ed : Il n'y a aucun indice sur l'emplacement de ces îles ou sur l'effet qu'elles peuvent avoir sur les relations diplomatiques avec la Chine, Taïwan, la Corée du sud et la Russie. Cependant, nous aimerions classer cet acte comme équivalent d'Abe visitant le sanctuaire Yasukuni dix fois de suite en terme de valeur stimulante internationale si les îles sont dans un territoire contesté. Avec 280 d'entres-elles, il y a des chances que certaines le soient... restez à l'écoute !** (Source : commentaire de TT de the-japan-news.com, 9 janvier 2014)

L'exploitant des hôtels budgets Tune Hotels envisage de construire 20 nouveaux hôtels au Japon
Le propriétaire de la marque budget Tune Hotels, le PDG Tim Hansing de Red Planet Hotels, a annoncé que sa compagnie envisage d'ouvrir 20 nouveaux hôtels budgets au Japon d'ici 2020. Hansing a annoncé à Hong Kong après une visite au Japon que sa firme envisage de capitaliser sur la prédiction d'une hausse de voyageurs au Japon et d'entrer en compétition avec les exploitants traditionnels qu'il qualifie de "très ennuyants, fatigués, et avec un mauvais rapport qualité/prix". La visite de Hansing s'est déroulée alors que les exploitants étrangers se demandent si le Japon a besoin de plus d'hôtels ou pas. ***Ed : Certains experts comme Capital Economics à Londres reconnaissent que le Japon a une capacité d'accueil limitée par rapport à une demande en chambres d'hôtel croissante, et si c'est vrai, alors pour les compagnies prêtes à investir, l'opportunité de se tailler une nouvelle part du marché semble séduisante. Par exemple, nous ne connaissons pas actuellement une marque budget (étrangère) internationalement reconnue qui soit active à Tokyo. Il y a bien entendu beaucoup d'exploitants budget locaux, mais Hansing semble penser qu'ils ne comprennent pas la cible du marché des étrangers.**(Source : commentaire de TT de cnbc.com, 14 janvier 2014)

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Images : Terrie's Take; AkihabaraNews

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